Samedi 17 août 2019
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L’interview de la santé connectée – Episode 14

M. Teston, gérant du blog Buzz e-santé, nous apporte sa vision du marché de la santé connectée.

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M. Teston, parlez-nous de Buzz e-santé. En quoi cela consiste précisément ?

Buzz e-santé est un blog que j’ai créé il y a 5 ans dans le but de centraliser toute la veille que je pouvais faire autour du domaine de la santé. C’est un blog qui a trouvé son public et qui est devenu une référence en matière d’informations digitales liées à la santé. Nous sommes partenaires de nombreux évènements, conférences, ateliers… Je gère ce blog de manière bénévole à côté de mon activité professionnelle principale, responsable marketing digitale dans un laboratoire pharmaceutique.

Selon-vous, qu’apporte la santé connectée ? Quels en sont les effets bénéfiques ?

Je pense qu’il y a un panorama d’outils qui peuvent être intéressants, qui apportent une multitude d’usages. On peut tout d’abord parler d’objets connectés santé permettant l’aide à l’observance, avec l’accompagnement des patients dans la prise des traitements. On peut ensuite parler d’accompagnement thérapeutique ou encore d’aide à la pratique médicale pour les professionnels de santé avec par exemple les stéthoscopes connectés ou un outil pour détecter les otites… La santé connectée permet d’avoir un maximum de données, de pouvoir les partager entre le patient et son médecin via des Dashboard ou des différents outils. Elle permet également la surveillance des enfants, comme on peut le voir notamment avec l’apparition d’objets comme les tétines connectées ou encore les ours en peluche dotés de capteurs qui permettent de prendre la température de l’enfant, surveiller le rythme cardiaque… On peut aussi accompagner les personnes âgées ou handicapées. De nombreux usages sont possibles aujourd’hui dans le domaine de la santé.

Au contraire, existe-t-il des limites, des dangers à la santé connectée ?

Des dangers je ne sais pas mais en tout cas il y a des problématiques qui se posent, notamment celles du big data et de la gestion des données ; comment sont-elles connectées, à qui sont-elles transmises, comment sont-elles sécurisées ? Il y a aussi la question de l’appropriation de ces données par le corps médical. Aujourd’hui, le médecin n’est pas préparé à être inondé de données.

Les objets connectés vont peut être bouleverser le mode de fonctionnement de certains acteurs. Je pense notamment aux assurances qui vont aller de plus en plus vers la personnalisation de l’évaluation des risques en individualisant les modèles à travers l’utilisation des objets connectés par leurs clients. Cela pourrait avoir des conséquences sur la tarification.

Comme autre problématique vous avez aussi la position des entreprises pharmaceutiques dans ce domaine, notamment en termes d’observance et bon usage du médicament.

Aujourd’hui, dans le domaine de la santé, ce sont essentiellement les objets bien-être qui sont mis à disposition avec des traqueurs d’activité etc… que l’on trouve dans les grandes surfaces I-tech. De ce fait, avec la nouvelle vague d’objets connectés santé, ce qui va manquer est un vrai conseil médical autours de la vente. Il est essentiel qu’il y est des certifications dans le domaine de la santé, qui est pour moi différent du bien-être. Il pourra donc y avoir la question de la mise à disposition de ces objets par les pharmaciens, parapharmacies… Les freins dans ce domaine peuvent se trouver au niveau de l’appropriation du grand public et des professionnels de santé.

Certaines personnes semblent réticentes quant à l’utilisation d’un dispositif de santé connectée. Pourquoi selon-vous ?

On peut voir que sur l’ensemble des personnes possédant un objet connecté il existe un taux important d’entres elles qui abandonnent le dispositif très rapidement. Le problème se pose au niveau des données, car au delà de les collecter, il est nécessaire de savoir par la suite quoi en faire. Je pense que ce qu’il manque aujourd’hui dans la vente de ces objets c’est l’accompagnement de vraies offres qui permettent d’avoir une utilisation dans la durée avec des messages motivationnels ou encore des kits de coaching. Concernant l’appropriation de ces objets par les médecins et les patients, il est nécessaire que des instances certifient leur fiabilité et leur bienfait pour la santé en les évaluant et les classifiant. Les médecins sont perdus et ne peuvent pas forcément les recommander aux patients. Il y a aujourd’hui une multitude d’acteurs, ce qui engendre un sentiment d’abondance de ces objets, rendant les personnes incertaines. Il serait bénéfique d’avoir assez de recul pour pouvoir mesurer l’impact des objets connectés santé.

Comment percevez-vous l’avenir du marché de la santé connectée ?

Pour ma part, ce marché ne sera pas forcément un marché de masse avec une grande partie de la population équipée de ces objets. Toutefois, tout ce qui est traqueur de base va devenir un standard de tous les Smartphones. On parle ici davantage du bien-être, car en termes de santé connectée il y aura une réelle évolution le jour ou les médecins se seront appropriés les dispositifs et que toutes les questions autours des données auront été traitées. Une fois cela réalisé, je pense que les médecins et les parapharmacies notamment seront plus à l’aise quant à la prescription ou le développement de dispositifs d’objets connectés en accompagnement d’un traitement.

Que pensez-vous du marché des séniors en termes de santé connectée ?

C’est un marché qui peut être assez important notamment en termes de connexion à domicile. On serait alors plus sur de la domotique, de l’accompagnement technologique d’objets qu’utilisent déjà ces personnes. En effet, les personnes âgées n’iront pas consulter des Dashboard de données. Ce sera davantage les proches ou les médecins qui seront à même de pouvoir les recueillir et les analyser dans le cadre du suivi de la personne.

Retrouvez le blog Buzz e-santé ici.

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